Dans les coulisses

J’ai essayé de prendre un vrai jour off… et voici ce qui s’est passé

Spoiler alert : c’était une erreur.

Cher lecteur,
Aujourd’hui, je vais te raconter une expérience hors du commun, une aventure que peu d’experts-comptables osent tenter, un défi que seuls les plus courageux relèvent : prendre un vrai jour off.

Oui, oui, un VRAI jour off. Pas un samedi où je consulte juste « vite fait » mes mails. Pas un dimanche où je réponds en « off » à trois clients angoissés par leur TVA. Non, un jour OFFICIALISE, un jour où je ne touche pas à mon ordinateur, où je ne réponds à aucun appel et où, tel un moine en quête de sérénité, je tente de me reconnecter à une existence normale.

8h00 – Une illusion de tranquillité

Je me réveille avec un sentiment étrange : une absence de stress. Mon cerveau, habitué à turbiner dès 6h30 sur des bilans et des tableaux de bord, est désorienté. Mais pas de panique ! Aujourd’hui, je vais profiter.
Un petit déjeuner en toute sérénité, un café sans être interrompu par une relance Urssaf… Quelque chose ne tourne pas rond. Le silence.
Un expert-comptable ne vit pas dans le silence. Soit son téléphone sonne, soit son cerveau simule des montages fiscaux pendant qu’il se lave les dents. Là, rien.

Légèrement inquiet, je jette un œil à mon portable. 18 appels manqués, 36 mails, 4 SMS « URGENT ».
Bon. Ne pas répondre. Résister.

10h00 – Syndrome de manque

Je tourne en rond dans mon salon. Que font les gens normaux à cette heure-ci ? Lire un livre ? Faire du sport ?
En désespoir de cause, j’ouvre Netflix. Erreur fatale.
L’algorithme, sournois, me propose un documentaire sur les grandes arnaques fiscales.
Je craque. Je veux répondre à mes mails. Juste un petit. Un innocent.
Je saisis mon téléphone… puis me ravise. NON ! Pas aujourd’hui.

12h30 – Déjeuner avec des amis (aka « les gens normaux »)

Première sortie dans la vraie vie. Je retrouve des amis qui travaillent dans des domaines divers et variés : ingénierie, marketing, médecine… Un ami me raconte son dernier projet passionnant. Je tente de l’écouter, mais mon cerveau est ailleurs.
Et si un client était en détresse fiscale à cet instant précis ?
Et si mon associé tentait de m’appeler pour un contrôle fiscal surprise ?
Et si le fisc lançait une réforme pendant que je mange mon tartare ?

Ma main se crispe sur mon téléphone. Je résiste.

15h00 – La chute

Je rentre chez moi, fier d’avoir tenu jusque-là. Je vais peut-être faire une sieste, lire un livre, méditer ?
Que nenni.
Mon téléphone vibre. Encore un mail urgent.
Je craque. Je regarde.
Une cliente panique : « Mon RSI a augmenté de 12€ ! C’est normal ?? »
Un autre : « On peut défiscaliser un abonnement Netflix Pro ? »
Un troisième : « C’est quoi déjà mon mot de passe pour l’extranet ? »

C’est fini. J’ai replongé.
J’attrape mon ordinateur, et en moins de cinq minutes, je suis de nouveau en train d’envoyer des tableaux Excel comme si de rien n’était.

20h00 – La leçon

Ce n’est pas de ma faute. Ce n’est pas que je ne VEUX pas prendre un jour off.
C’est que le monde ne PEUT PAS tourner sans un expert-comptable.
Nous sommes les gardiens du temple fiscal, les phares dans la nuit administrative, les derniers remparts face à l’anarchie des cotisations sociales.

Alors voilà, j’ai essayé. J’ai échoué. Et je recommencerai sûrement… l’année prochaine.

En attendant, si tu es expert-comptable et que tu réussis à prendre un vrai jour off… apprends-moi ton secret.

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